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Histoire du sionisme chrétien

Les racines du mouvement

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Le mouvement sioniste chrétien a grandi en nombre et en influence ces dernières années. Aujourd’hui, des milliers de chrétiens des quatre coins du globe proclament volontiers leur amour et leur soutien à la nation d’Israël. Tous les ans, ils arrivent en foule à Jérusalem pour participer à la célébration chrétienne internationale de la Fête des Tabernacles. Mais quelle est l’histoire de ce mouvement ?

On peut dire que l’origine du sionisme chrétien remonte au 1er siècle puisqu’il y a toujours eu des hommes et des femmes pour croire en ses principes et les enseigner. On pourrait en citer plusieurs exemples dans l’histoire, mais ce n’est pas ici le propos. Cependant, en temps que théologie, le sionisme chrétien naquit parmi les protestants piétistes du 16ème siècle et les puritains anglais du 17ème siècle. En 1587, un homme du nom de Francis Kett fut brûlé vif pour avoir exprimé sa croyance que la Bible prophétisait un retour des Juifs dans leur pays. Par ailleurs, en 1607, Thomas Brightman publia un livre à Bâle intitulé « Révélation de la révélation ». Dans ce livre, il écrivait : « Quoi, retourneront-ils à Jérusalem ? Il n’y a rien de plus certain ; les prophètes le confirment partout ». D’autres, dans la même période, exprimèrent fréquemment des croyances similaires. Par exemple, Isaac de la Peyrere (1594-1676), qui servit en tant qu’Ambassadeur de France au Danemark, écrivit un livre dans lequel il donne des arguments en faveur d’une restauration des Juifs en Israël sans conversion au christianisme.

Dès le 18ème siècle, le mouvement sioniste chrétien, connu alors comme le Mouvement de la Restauration, comptait plusieurs théologiens, écrivains et politiciens. Le mouvement prit de l’importance avec le début de la Révolution française et les guerres napoléoniennes.

Au 19ème siècle, le mouvement prit rapidement de l’ampleur. Un des personnages influents à cet égard fut Anthony Ashley Cooper, Conte de Shaftesbury. Il nota dans son journal que les signes des temps étaient mûrs pour le retour des Juifs en Palestine. Un certain Charles Henry Churchill, résident britannique de Damas, devint également un propagateur zélé de l’idée d’un Etat juif en Palestine. En 1841, il écrivit une lettre au philanthrope juif Moïse Montefiore dans laquelle il déclare : « ...Je considère l’objectif comme parfaitement possible à atteindre. Mais deux choses sont indispensables. Premièrement que les Juifs eux-mêmes prennent la chose en mains de façon unanime. Deuxièmement, que les puissances européennes les aident à atteindre leurs objectifs… ». Un autre personnage populaire du mouvement de la Restauration fut George Gawler (1796-1869). Il écrivit un livre en 1845 sur le peuple juif dans lequel il déclare que ce peuple devrait repeupler les villes désertes et les champs de Palestine.

Vers la fin du 19ème siècle, un grand nombre d’hommes influents étaient engagés dans le sionisme chrétien : des hommes tels que l’industriel britannique Edward Cazalet (1827-1883), Lawrence Oliphant (1829-1888), qui fut un « restaurationiste » très actif, et l’Américain William E. Blackstone. Blackstone a été nommé le « Père du sionisme ». Cependant, le sioniste chrétien le plus intéressant de cette époque fut William H. Hechler (1845-1931). Hechler, aumônier de l’Ambassade britannique à Vienne, travailla en étroite collaboration avec Théodore Herzl, considéré comme le fondateur et père de l’Etat juif. En fait, Hechler consacra 30 ans de sa vie à la réalisation de l’objectif sioniste, à savoir l’établissement de l’Etat juif en Palestine. Malheureusement, il mourut dix-sept ans seulement avant que cet objectif ne devienne réalité. Pourtant, il eut le privilège de participer au Premier congrès sioniste de Bâle, en Suisse, en août 1897, au cours duquel fut posée la première pierre de l’Etat juif restauré.

Le 20ème siècle vit la réalisation du rêve sioniste en tant qu’accomplissement direct de la parole prophétique de Dieu. Malheureusement, des évènements tragiques ont précédé cette réalisation, dont le plus terrible et le plus infâme fut l’Holocauste nazi. L’Etat juif restauré est né des cendres de 6 millions de Juifs.

Dès le début du siècle, les sionistes chrétiens se trouvèrent au premier rang dans les combats en faveur du people juif. Ils eurent une grande influence auprès des hommes d’état et des grands de ce monde. Il n’est un secret pour personne que cette influence a joué un rôle essentiel pour conduire à la Déclaration de Balfour en 1917, dans laquelle le gouvernement de Sa Majesté porta « un regard favorable à l’établissement d’une patrie pour le peuple juif » en Palestine.

Le temps nous manque pour parler de sionistes chrétiens tels que Charles Orde Wingate, John Hayes Holmes, le professeur Reinhold Niebuhr et Corrie Ten Boom qui, pendant la Seconde guerre mondiale, risqua sa vie pour délivrer des Juifs des mains du nazisme. Tous ces gens ont cru que les Ecritures promettaient la restauration de l’Etat juif en Palestine. La plupart d’entre eux moururent dans l’espérance que ces choses se produiraient mais certains, comme Corrie Ten Boom, virent l’impossible se réaliser de leur vivant.

Oui, le sionisme chrétien a une longue histoire. Aujourd’hui, le mouvement a grandi pour embrasser des milliers. Tous voient leur tâche comme loin d’être achevée puisque les mêmes puissances qui cherchaient la destruction d’Israël dans les décennies passées sont toujours à l’œuvre aujourd’hui. La survie et la préservation d’Israël dépend du même soutien que celui qui a permis que son existence devienne réalité. Les sionistes chrétiens croient que, en recherchant la paix d’Israël, ils œuvrent en fin de compte pour la paix du monde (Esaïe 2.1-4).

 
Rév. Malcolm Hedding
Directeur général
International Christian Embassy Jerusalem

©2010 International Christian Embassy Jerusalem

 

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