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Choc culturel

ICEJ tend la main aux immigrants éthiopiens

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Choc culturel

Pour l’ancienne communauté juive éthiopienne, rentrer en Israël était resté un rêve lointain. La première grosse vague d’aliyah d’Ethiopie en 1983-84 comptait 12.000 personnes, or seuls 8.000 sont arrivés vivants à destination, après avoir fait face à d’horribles périls en cours de route.
Pour les survivants, les souvenirs douloureux de ce voyage ont été trop vite refoulés. Au traumatisme de leur long et difficile périple s’est ajouté le choc d’avoir à renoncer à leur identité profonde pour s’ajuster à une société étrangère à la leur et qui ne pouvait pas comprendre ce par quoi ils étaient passés.

L’assistance qu’ils ont reçue à leur arrivée était centrée essentiellement sur leurs besoins matériels. Aujourd’hui, les travailleurs sociaux des centres d’intégration ont une meilleure compréhension de leurs manques, et réalisent qu’il ne suffit pas de les aider à s’habituer à un monde moderne de lavabos, de toilettes, d’ascenseurs et de factures à payer. En Ethiopie, les gens vivaient en communautés très unies, partageant tout, alors qu’en Israël, la famille est vite disloquée. On note ainsi que le taux de suicides et de désordres psychologiques est beaucoup plus élevé chez eux que dans le reste de la population israélienne.

L’ICEJ s’est associée à Sha’ale Tikvah, qui offre à des adolescents éthiopiens de Bet Shemesh un programme de soutien scolaire et d’activités diverses pour les aider à se socialiser et à sortir de la délinquance. Par ailleurs, l’ICEJ collabore avec l’hôpital Herzog, qui dispense des thérapies personnalisées adaptées aux traumatismes spécifiques dont souffrent les olim éthiopiens. Un de ces traitements consiste à réaliser une vidéo de leur histoire, leur permettant de revisiter l’épisode douloureux de leur vie et d’en parler, ce qu’ils étaient incapables de faire auparavant. Ce faisant, ils arrivent à voir leur souffrance dans une perspective nouvelle.

Malgré toutes ces difficultés, un travailleur social nous assure qu’on ne trouve personne parmi la communauté éthiopienne qui dise ne pas aimer Israël. Avoir le privilège de vivre en Israël, relié à la terre de leurs ancêtres et à Jérusalem, vaut bien pour eux le prix énorme qu’ils ont payé.

 

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