A la rencontre des Survivants de la Shoah

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29 Juil 2019 (Toute la journée)
A la rencontre des Survivants de la Shoah

Reconnu comme un modèle d’assistance pour les milliers de survivants de la Shoah qui vivent aujourd’hui en Israël dans la pauvreté, la maladie et la solitude, ICEJ continu sa mission.

En juillet 2010, 80 résidents ont été sélectionnés parmi une longue liste d’attente. N'ayant que de maigres possessions à faire transporter, c'est chargés de lourds souvenirs qu’ils emménagent.

Voici quelques uns de leurs portraits:

Arieh a survécu à la Shoah, caché dans une famille chrétienne alors qu’il était bébé, mais ses parents ont été assassinés. Plus tard, les circonstances l’ont conduit à des ennuis financiers et à la perte de son domicile jusqu’à ce que le foyer lui offre une place. Il commente : « Ici, on me donne 3 repas par jour, on m’aide à tenir ma chambre propre, on m’offre des soins dentaires gratuits. On organise même pour nous toutes sortes d’excursions et de loisirs. Je ne sais pas ce que j’aurais pu faire sans cette aide. Grâce à eux, je me sens redevenir un être humain. »

Sara Movshowitz est arrivée au foyer plusieurs semaines à l’avance. Veuve, elle a vécu seule dans un vieil HLM et ne possède rien d’autre que ses vêtements et quelques effets personnels. Mais son « bagage » émotionnel est énorme. Née en Roumanie en 1927, Sara n'était qu'une adolescente lors de la 2ème Guerre Mondiale. Elle se rappelle le jour où les juifs ont été chassés de chez eux comme des chiens, sans pouvoir rien prendre, les haut-parleurs leur vociférant l’ordre de quitter leur maison. Les soldats nazis étaient des hommes cruels qui prenaient un malin plaisir à les terroriser. « Dès qu’on les voyait arriver, on se terrait de peur. Ils nous frappaient souvent sans raison, et la vie dans le ghetto devenait très difficile. Nous avons vu des choses terribles que je n’oublierai jamais », raconte Sara.

Aujourd’hui, Sara porte toujours un numéro tatoué sur le bras. Bien qu'ayant survécu à un infarctus, elle souffre toujours d’un œdème pulmonaire. Mais pour elle, ce foyer est une lumière au bout du tunnel après toutes ses épreuves : des médecins et infirmières bénévoles sont là pour veiller sur sa santé.

Micah Merom fait aussi partie des premiers arrivants. Pendant des années il a vécu dans des abris de fortune. Ce foyer providentiel était donc la chance d'une vie. Micah est né à Budapest en 1943 et a survécu à des atrocités alors qu’il était bébé. Son père interné dans un camp de travail, sa mère a dû lutter seule contre la faim et la maladie. Atrocement marqué dans son psychisme, Micah ne s’est pas développé normalement et sa santé est chancelante.

Des années plus tard, Micah s’est installé en Israël, s’est marié, a eu trois filles et a bien réussi dans les affaires. Mais en 2003, un divorce l’a privé de tout lien familial. Ses efforts de réconciliation ont été vains, et ses énormes dettes l’ont conduit à la faillite. La dépression, les insomnies et les pensées suicidaires lui ont empoisonné la vie, sans compter les problèmes de diabète, de tension artérielle et de maladie cardiaque. Mais après sa première nuit au foyer, Micah était heureux d’avoir enfin une chambre à lui, des repas assurés et des amis bienveillants.

David Gitzberg, 86 ans, a longtemps souffert du froid glacial et de la faim dans plusieurs ghettos et camps de concentration allemands. Je n’ai pratiquement rien mangé pendant trois ans. Je n’avais que la peau sur les os et me sentais très faible, mais j’ai réussi à survivre, le seul de ma famille.
David est arrivé en Israël en octobre 1990. Il est marié et a deux fils qui vivent à l’étranger. Le couple bénéficiait déjà des repas offerts par Yad Ezer avant de s’installer au foyer.

Esther vit au Foyer depuis novembre 2010 et se sent tout à fait à l’aise et en sécurité parmi les autres survivants. Lorsqu’elle avait quatre ans, elle a fait l’expérience terrorisante d’avoir à se cacher dans les forêts pour fuir les Nazis. Après la guerre, elle a vécu dans un orphelinat pendant quelque temps car la plupart des membres de sa famille avaient été tués.

Isaac se souvient de la terrible souffrance, de la maladie et de la faim et surtout du froid de la vie dans le ghetto. A l’âge de 10 ans à peine, il a dû travailler aussi dur qu’un adulte dans des programmes de travaux forcés pour ne pas être envoyé dans un camp d’extermination. D’une santé chancelante, lui et sa femme ne voulaient plus vivre seuls, mais souhaitaient pouvoir se trouver parmi d’autres personnes capables de comprendre ce par quoi ils étaient passés.

Sarah a passé une partie de sa tendre enfance à se cacher dans un bunker souterrain obscur au-dessous de sa maison. Elle s’exclame : « Aujourd’hui, je vis au Foyer de Haïfa et je m’y suis plue dès l’instant où j’y suis entrée. Je suis si reconnaissante pour toute l’aide et tout l’amour que j’ai reçus. Je ne sais pas ce que j’aurais fait sans eux ! 

 

 

 

Shimon Sabag, le fondeur de Yad Ezer avait d’abord fondé un petit foyer pour 16 survivants de la Shoah, après avoir découvert avec stupéfaction combien d’entre eux vivaient dans la pauvreté. Il avait ouvert une sorte de « Resto du Cœur » à Haïfa et avait aussitôt remarqué qu’un grand nombre de ceux qui faisaient la queue portaient un numéro tatoué sur le bras. « Cela m’a donné des frissons… j’avais toujours pensé que ces personnes étaient prises en charge », dit-il.

L’ICEJ s’était alors associée en partenariat avec Shimon en 2010 afin d’agrandir le foyer en achetant et en rénovant un immeuble voisin de quatre étages. Et voilà qu’un autre immeuble de trois étages dans la même rue vient d’être proposé à Yad Ezer. Ce nouveau local loge à présent 50 survivants supplémentaires sur la liste d’attente actuelle qui est de plus de 1.800 !

 

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